L’annonce est encore toute chaude au moment où ces lignes sont écrites : Amazon, leader incontesté de la vente sur Internet veut franchir un palier et s’imposer sur le marché physique. Comment ? En commençant par l’ouverture d’une boutique à New York. Alors, bientôt des supérettes Amazon à tous les coins de rue ? Le chemin est encore long.

Amazon se lance dans commerce physique, un nouveau palier pour le géant du Web ?

Une tentative de concurrencer les distributeurs historiques ?

Quand on pense Amazon, on entrevoit tout de suite le site web du même nom et sa liste effarante de produits culturels, textiles et plus encore. Il est vrai qu’en contrepartie, on n’imagine même pas un magasin réel et, à vrai dire, c’est dans le sens des choses jusque là.

Cette volonté de créer un magasin-test va se présenter sous la forme d’un mini-entrepôt où il sera possible de venir retirer ses commandes et rapporter les produits défectueux ou ne correspondant pas. Mais à côté, ce sera surtout l’occasion pour la firme de disposer d’un lieu d’exposition, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Ce lieu physique permettra ainsi à Amazon de mettre en avant ses propres produits, sur lesquels la stratégie de développement actuelle est basée : liseuses et tablettes Kindle, le téléphone portable Fire Phone (qui n’est pas réellement un succès commercial aux États-Unis si l’on en croit cet article) ou encore le Fire TV, le décodeur maison.

La question qui se pose toutefois, c’est la volonté de la firme américaine de se développer sur un marché où les distributeurs historiques sont déjà fortement implantés. Le risque est énorme du fait du concept développé ici qui n’est ni plus ni moins qu’une variante du drive mis en place aussi bien là bas que chez nous par les grandes enseignes que sont Walmart ou Carrefour.

Mais un autre point fait se questionner les analystes : cette volonté de s’implanter dans le monde réel remet-elle en cause un modèle économique qui s’est révélé jusqu’ici très bien huilé mais totalement basé sur le e-commerce ?

Le Kindle d'Amazon, produit phare
Les liseuses et tablettes Kindle seront mises en avant dans la nouvelle boutique Amazon à New York

Le modèle Amazon remis en cause ?

Car en effet, l’un des points forts qui a permis à Amazon de croitre à grande vitesse c’est l’absence de point de vente physique, chose qui sera peut-être remise en cause en cas de succès de ce test. A l’inverse de Carrefour, Auchan ou Casino, Amazon ne dispose que d’un ou plusieurs entrepôts par pays ou région du monde qui permettent de diminuer les coûts.

Quand un distributeur classique travaille son réseau, il lui faut envisager des coûts importants. Si Carrefour décide de s’implanter près de chez vous, il devra investir pour le terrain et l’installation du magasin. Mais ce n’est pas fini car il faudra ensuite assurer le maintien des stocks, embaucher des employés… Tous ces éléments finissent par coûter cher et c’est justement cette concentration sur un seul point qui permet jusqu’ici à Amazon de proposer des prix bas tout en assurant des bénéfices importants.

Remettre en cause cet état de fait peut s’avérer être une menace pour le groupe vis-à-vis de la concurrence déjà bien implantée. Sans compter qu’avec la probable émergence du groupe chinois Alibaba sur le e-commerce, Amazon aura fort à faire à courir deux lièvres à la fois. Il est néanmoins un peu tôt pour tirer des conclusions et le projet de la société de Jeff Bezos pourrait finalement s’avérer payant en s’appuyant sur une crédibilité déjà acquise par Amazon.